
Mauvais timing dans les relances : pourquoi vos deals se refroidissent
Relancer plus n’a jamais fait acheter plus
Quand un deal ralentit, le réflexe est quasi universel :
- relancer plus souvent
- “reprendre la température”
- envoyer un “juste pour savoir où on en est”
Ce réflexe est humain.
Il est aussi contre-productif.
Car dans un cycle de vente B2B, le volume de relances n’a jamais compensé un mauvais timing.
👉 Plus on relance mal, plus le deal se refroidit.
👉 Plus on insiste hors timing, plus on détruit la valeur perçue.
Le problème n’est donc pas la relance.
👉 Le problème, c’est le moment où elle intervient.
Une vérité inconfortable : la plupart des relances sont inutiles
Soyons honnêtes : beaucoup de relances servent avant tout à :
- rassurer le sales
- montrer de l’activité en interne
- donner l’impression que le deal est “vivant”
Mais du point de vue du prospect :
- elles n’apportent aucune information nouvelle
- elles ne l’aident pas à décider
- elles réactivent un sujet… qui n’est pas prioritaire
👉 Résultat : une relance sans valeur dégrade la crédibilité, même si elle est polie, même si elle est bien écrite.
En B2B, chaque relance inutile rapproche le prospect d’un “non silencieux”.
Pourquoi le timing est plus important que le message
C’est un point fondamental, souvent mal compris.
Un excellent message :
- au mauvais moment
→ n’est pas lu
→ est reporté
→ est ignoré
Un message simplement correct :
- au bon moment
→ déclenche une réponse
→ relance une discussion
→ fait avancer une décision
👉 Le facteur déterminant n’est pas le copywriting.
👉 C’est l’alignement avec le cycle décisionnel du prospect.
Autrement dit :
la relance doit s’insérer dans un processus de décision en cours, pas tenter d’en créer un artificiellement.
Les 5 erreurs structurelles de timing dans les relances
1️⃣ Relancer sans événement déclencheur
Beaucoup de relances sont basées sur :
- le temps qui passe
- des délais arbitraires (“J+7”, “J+14”)
Or :
- le temps n’est pas un signal
- le silence n’est pas une information
Sans événement déclencheur :
- la relance n’a aucune raison d’exister
- le prospect n’a aucune raison de répondre
👉 Une bonne relance répond toujours à la question implicite :
“Pourquoi maintenant ?”
2️⃣ Confondre silence et désintérêt
Un prospect silencieux n’est pas forcément :
- opposé
- fermé
- non intéressé
Il est souvent :
- absorbé par une autre priorité
- en attente d’un arbitrage interne
- bloqué par un facteur que vous n’avez pas identifié
👉 Relancer sans comprendre la cause du silence revient à tirer à l’aveugle.
3️⃣ Ne pas verrouiller les next steps en amont
C’est l’erreur la plus fréquente… et la plus coûteuse.
Quand un call se termine par :
“Je vous recontacte”
👉 Le timing est déjà perdu.
Sans next step clair :
- aucune attente n’est créée
- aucun engagement n’est pris
- la relance devient arbitraire
👉 Une relance efficace commence avant la fin du call précédent.
4️⃣ Relancer avec des questions fermées
“Est-ce que vous avez eu le temps de regarder ?”
“Est-ce que c’est toujours d’actualité ?”
Ces questions sont confortables pour le sales…
mais idéales pour tuer un deal.
👉 Elles autorisent une réponse courte
👉 Elles repoussent la décision
👉 Elles cassent le momentum
Une bonne relance ne demande pas si le sujet existe encore.
👉 Elle fait avancer le sujet.
5️⃣ Trop relancer des deals déjà morts
C’est brutal, mais nécessaire à dire.
Beaucoup de deals se refroidissent parce qu’ils :
- n’étaient pas prioritaires
- n’avaient pas de timing réel
- n’auraient jamais dû entrer dans le pipe
👉 Les relances ne les sauveront pas.
👉 Elles consomment du temps commercial inutilement.
Un bon timing commence aussi par savoir arrêter.
Ce qu’est un bon timing de relance (niveau expert)
Un bon timing ne repose jamais sur un délai.
Il repose sur un signal.
Exemples de signaux pertinents :
- un changement organisationnel
- une échéance interne mentionnée par le prospect
- une décision repoussée mais explicitement datée
- un événement business (recrutement, levée, lancement, deadline client)
👉 Sans signal, la relance devient du bruit.
👉 Avec un signal, elle devient légitime.
Le framework de relance efficace
1️⃣ Toujours verrouiller le prochain pas
À la fin de chaque échange :
- qui fait quoi
- pour quand
- pour quelle décision
👉 Une relance efficace est prévue, pas improvisée.
2️⃣ Relancer avec un objectif clair
Chaque relance doit viser :
- une décision
- une validation
- un arbitrage
Pas :
- une mise à jour vague
- un “follow-up” par réflexe
- une promesse floue
👉 Une relance sans objectif est un signal de faiblesse.
3️⃣ Apporter une information nouvelle
Une relance utile contient toujours :
- un éclairage nouveau
- un angle différent
- une conséquence business claire
👉 Si elle n’apporte rien de neuf, elle n’a aucune raison d’exister.
4️⃣ Accepter de disqualifier
Un sales senior sait :
- quand relancer
- et quand arrêter
👉 Disqualifier protège le pipe
👉 Disqualifier renforce la crédibilité
👉 Disqualifier accélère les vrais deals
Le bon indicateur à suivre
Oublie :
- le nombre de relances envoyées
Pilote :
- le taux de réponse post-relance
- le nombre de deals sans next step clair
- le temps moyen sans action décisionnelle
👉 Un bon timing se mesure à la qualité des réponses, pas à la quantité d’emails.
La relance n’est pas une technique, c’est une décision
Relancer n’est pas :
- un automatisme
- une tâche à cocher
- un signe de sérieux
👉 C’est un acte stratégique.
Les deals ne se refroidissent pas par manque de relance,
👉 mais par absence de décision structurée.

















